ATELIER 2. Cette spécialiste de la communication tient à faire passer un message de modération de la consommation énergétique afin de préserver notre qualité de vie. Elle préconise également une meilleure communication entre le secteur privé et le secteur public.
L’ESSENTIEL
- Terainui Hamblin- Ellacott est chef du service des relations institutionnelles et de la communication de la direction générale du groupe EDT Polynésie
- Elle souhaiterait allier nouvelles technologies et respect de l’environnement
- Et elle plaide pour une baisse de notre consommation d’énergies
Où en sommes-nous ?
Quelles ont été tes motivations pour participer aux états généraux et particulièrement à l’atelier N°2 ?
“Dès que j’ai entendu parler de la tenue de ces états généraux, j’ai vu une opportunité unique pour la population de s’exprimer en simple citoyen. Il est évident que mon poste au sein du groupe EDT, qui est directement lié aux énergies renouvelables, m’a immédiatement poussé à m’inscrire. Mais cette inscription est aussi motivée par une démarche personnelle, je me sens directement touchée par la protection de l’environnement en tant que femme et surtout maman. J’aurais aimé participer également à d’autres ateliers comme celui de l’amélioration des institutions mais les horaires ne le permettent pas. Car je pense également qu’il est essentiel de créer un partenariat public / privé. Ce sont deux mondes différents, et on se rend compte que chacun travaille de son côté sur le même domaine mais sans aucune concertation. J’ai eu la chance de travailler dans les deux secteurs, et j’ai ainsi pu mesurer les besoins et compétences de chacun. Beaucoup d’énergie est perdue et continuera à l’être si un meilleur parallèle existait entre ces deux secteurs nous pourrions nous inspirer mutuellement pour gagner du temps et donc être plus efficace.”
Où allons-nous ?
Que comptes-tu apporter et proposer lors de cet atelier numéro 2 ?
“On parle beaucoup de surconsommation, et je reste persuadée que l’un des moyens pour arriver à une meilleure maîtrise de l’énergie, c’est de faire attention à notre consommation. On s’est rendu compte au sein de EDT, lorsque nous avons comparé l’évolution de la consommation des dix dernières années, que les Polynésiens consomment énormément en terme d’énergie. Je pense donc proposer lors de cet atelier une réduction de notre consommation car on n’arrivera pas à fournir des moyens de production d’électricité illimités. EDT a déjà fait des démarches dans ce sens avec des plaquettes d’information sur les appareils gourmands en électricité et sur leur utilisation. Pour cela, il faudrait également que l’on incite les importateurs d’appareils électroménagers énergétivores à se pencher sur le problème en les obligeant à importer des produits classés dans les catégories A et A+. Il y a aussi des lacunes dans le retraitement de certains produits, à l’image des lampes basse consommation (LBC) qui sont très intéressantes pour leur durée de vie et leur rythme de consommation mais qui sont très polluantes pour l’environnement. Il y a beaucoup à faire dans ce domaine et la tenue de ces états généraux est une tribune d’expression exceptionnelle pour une prise conscience générale sur notre manière de consommer.”
Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
Quelles sont les solutions pour limiter notre consommation énergétique ?
“En étant optimisme, je dirais que nous allons vers 50% d’énergies renouvelables en 2020, tels sont les objectifs du Grenelle de l’environnement, mais également ceux fixés dernièrement par le ministère de l’Énergie dans son plan pluriannuel d’investissements. Mais pour ce faire, le pays va devoir mettre en place de véritables mesures d’aides à l’investissement et des structures adaptées. Nous devons profiter de cet engouement pour le développement durable pour développer les énergies renouvelables, mais je pense que nous devrions d’abord utiliser les sources de celles que nous connaissons et maîtrisons déjà, comme l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien… Beaucoup d’autres projets sont présentés, mais sont bien souvent des prototypes que certains veulent essayer de lancer ici, malgré les coûts plus élevés, les problèmes d’approvisionnement et autres soucis liés à de nouvelles technologies.”
Propos recueillis par NP
Zoom
Terainui Hamblin-Ellacott est une jeune maman qui souhaite offrir aux futures générations un monde où chacun puisse trouver sa place en gardant une qualité de vie alliant nouvelles technologies et respect de l’environnement. Chef du service des relations institutionnelles et de la communication de la direction générale du groupe EDT Polynésie, elle est exposée tous les jours à l’augmentation de la consommation en énergie des foyers polynésiens. Avec son entreprise, elle réfléchit quotidiennement sur les nouveaux moyens de production propres, à l’image de la centrale solaire sur l’île de Makatea qui fournit 90% des besoins énergétiques de ses habitants.
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atelier 2 = grands projets structurants
atelier 3 = développement durable
la dépense énergétique a été abordée il y a 2 semaines à l'atelier 3
bcp préconisent l'énergie solaire, voire éolienne pour les îles venteuses éloignées, il y a eu quelques tractations pour l'énergie marée motrice mais également une ouverture énergétique basée sur l'aquaculture marine d'une algue au potentiel énergétique prometteur.
Pour ma part, je me suis prononcé défavorablement sur l'énergie solaire (modérément) car bien que ce soit du "tout bénéf" à l'exploitation de ses équipements, leur fabrication (des dits équipements) est très polluante, de même que leur recyclage. Un grand projet comme une usine de traitement des déchets (par méthanisation) pour les îles hautes fut à peine abordé ... alors que les débouchés urbains et extra-urbains devraient d'hors et déjà être projetés
Hormis cela, oui il est clair que réduire notre consommation par nos comportements seraient souhaitable, opter pour des équipements moins consommateurs d'énergie, et investir dans les équipements d'énergie renouvelables nous seraient profitable à long terme ... mais ... cela reste très limitatif quand on considère que EDT rachète le prix du KW/h solaire "à torchon brulé", que les industriels sont les plus grands nécessiteux énergétiques [propos tenus sans condescendance], que l'investissement massif dans les énergies renouvelables sont à la charge (même subventionnée) et l'assumation sociétale de la Société Civile au sens large.
Comme quoi, on a beau nous tondre ... l'on restera toujours chèvre de l'humeur de nos chers lobbys locaux.